LES REACTIONS QUE NOUS RENCONTRONS

LES REACTIONS QUE NOUS RENCONTRONS

- " Si on arrêtait de tuer les animaux , nous serions envahis par leur nombre et cela entraînerait la mort des écosystèmes "

Les seuls animaux qui se reproduisent, d'eux-mêmes, en nombre dépassant leurs ressources sont les humains. Dans la nature, les animaux sauvages obéissent à des mécanismes de contrôle qui s'adaptent aux fluctuations des ressources. De plus, on peut très bien imaginer contrôler leur nombre en utilisant des contraceptifs, comme cela est fait pour contrôler les populations de pigeons (et d'humains…).

On nous parle aussi des écosystèmes, non en pensant aux animaux sauvages qui ne seraient plus chassés, mais aux animaux d'élevage qui cesseraient subitement d'être mangés et qui " retrouveraient " leur liberté. Que cela se fasse très rapidement, ce n'est pas la peine d'y songer. Les humains n'arrêteront jamais tous " du jour au lendemain " de manger de la viande, alors la masse des animaux d'élevage, s'ajustera aux besoins du marché petit à petit. Si le nombre de consommateurs de viande, d'œufs et de lait diminue, le nombre d'animaux mis au monde et maintenus en vie dans les élevages diminuera proportionnellement.

De plus, les écosystèmes ne " mourraient " pas, ou en d'autres termes, ne disparaîtraient pas, mais se transformeraient comme ils l'ont toujours fait, et c'est d'ailleurs parce qu'ils ont été au préalable saccagés que l'" on " pense maintenant " devoir " les réguler. De toute façon, les élevages, industriels ou non, ont déjà des retombées sur l'environnement, de même que toutes les autres industries.

D'autre part, et ce n'est pas un hasard, si nos interlocuteurs réagissent souvent en employant le pronom indéfini " on ", alors que nous nous adressons, généralement, à quelqu'un de bien déterminé. Répondre " on ", est déplacer et esquiver le problème posé initialement ; c'est substituer " innocemment " une responsabilité collective indéfinie à une responsabilité (au sens de causalité, et non de culpabilité) individuelle bien définie, elle. Trop, sans doute, pour ceux qui préfèrent alors " on " à " je " . L'expression " Ce n'est pas moi, c'est nous ! " a servi à justifier beaucoup d'atrocités à travers l'histoire, et même, a souvent rendu leurs réalisations possible !

- " Les animaux se mangent entre eux, c'est là une loi naturelle ; et l'humain n'échappe pas à cette loi "

Ceci est faux, une " loi " impliquerait une conséquence obligatoire, comme une " loi " mathématique ou physique, par exemple : 1 + 1 = 2, ce qui est irréfutable. Or, dans notre cas, l'humain peut très bien vivre en étant végétalien. L'humain n'est pas le moins du monde " obligé par une loi " à tuer des animaux pour se nourrir. S'il le fait, c'est uniquement pour des raisons culturelles.

De plus, tous les animaux ne mangent pas de la viande, les animaux les plus puissants et les plus résistants, l'éléphant, le taureau, le gorille, le rhinocéros, l'hippopotame, sont des animaux végétaliens. Les animaux exclusivement carnivores (moins nombreux qu'on ne le prétend) n'ont guère le choix, quant aux omnivores (comme l'ours), ils consacrent la plus large part de leur alimentation aux végétaux.

En tant qu'êtres humains, nous sommes fiers de notre capacité à choisir. A nous de nous montrer dignes en rejetant une nourriture qui n'est pas la nôtre, en optant pour une alimentation adaptée à nos besoins, respectueuse de notre développement physique et psychique ainsi que de l'économie, de l'environnement et de la souffrance que provoque aux animaux la consommation de viande.

Et d'ailleurs, aucune pseudo loi ne rend moralement acceptable un acte cruel.



- " Les animaux ne souffrent pas de leur incarcération, car ils n'ont jamais connu autre chose "

Les animaux d'élevage intensif (et ils le sont à 90%) ne s'habituent jamais à leurs conditions de vie. Leur souffrance s'exprime clairement par les nombreuses maladies qui les déciment. Leur survie jusqu'à l'abattage n'est d'ailleurs possible qu'avec l'admission massive d'antibiotiques et de tranquillisants. Salmonellose, listériose, brucellose, maladie de la vache folle (transmissible à l'humain), " sida " bovin, peste porcine, peste des volailles, tremblante du mouton, etc., longue est la liste des conséquences de la surpopulation, de l'enfermement, de l'alimentation de synthèse volontairement carencée (veaux), de la contention (truies), des modifications génétiques (poulets " de chair " et dindes) et de toutes ces conditions de vie violentes que constituent l'élevage intensif.

Beaucoup d'humains ne veulent pas consommer de viande industrielle mais sont prêts à manger leur cochon fermier. Non pour une question de souffrance des animaux, mais, car seulement, leur santé personnelle les préoccupe.

Il est, pourtant, sans doute partiellement vrai que sans connaître quelque chose de meilleur, nous ne sommes pas frustrés : incapable que nous sommes, souvent, d'imaginer autre chose que ce que nous vivons, ne subissons-nous pas, nous-mêmes, très facilement, résignés, une somme considérable de contraintes ? Mais cela ne nous empêche pas de ressentir, quand même, des souffrances que nous n'arrivons pas à nier-banaliser. Sans compter les souffrances " corporelles " qu'on ressent toujours (être à l'étroit, avoir trop froid, être égorgé…). Il est vraisemblable, par contre, que les animaux ne peuvent pas " jouer " comme nous avec la souffrance, l'escamoter selon leur bon vouloir.

- " Les animaux de boucherie sont faits pour ça "

Cela exprime l'opinion obscène qu'ils ont été conçus, qu'ils existent, spécialement pour ce destin, et qu'ils ne peuvent donc pas décemment souhaiter autre chose. Evidemment, ceux qui prétendent ceci, sont ceux qui profitent de l'exploitation des animaux. Ce sont comme des racistes qui affirment que des races étaient faîtes pour être assujetties à d'autres. Ceux qui sont en position de force cherchent toujours à légitimer l'oppression qu'ils font subir aux autres. Que diraient-ils si on tenait les mêmes propos sur eux ? On pourrait très bien trouver une religion, un dieu ou une théorie qui légitimerait leur soumission. Chaque être est fait pour vivre sa propre vie et non pour servir de chair à souffrance à d'autres êtres.

- " La législation assure aussi la protection des animaux de consommation "

En France, les lois censées protéger les animaux familiers, chiens et chats, sont déjà systématiquement bafouées. En ce qui concerne les animaux dits de boucherie, ces lois sont très flexibles. Les animaux d'élevage sont parqués, à l'abri des regards, et toutes enquêtes sur leurs conditions de vie (et de mort) sont systématiquement découragées par l'industrie de l'élevage. La surveillance sanitaire n'est même pas assurée : en témoignent les enquêtes qui se suivent dans les médias sur le " trafic " de la viande. Pour les élevages de poissons, la législation est inexistante et l'importante pollution qui en résulte est passée sous silence.

- " Les éleveurs prennent soin de leurs animaux puisque leurs profits en dépendent "

Le profit (sans cesse plus faible) des éleveurs provient surtout des subventions. Leur marge de profit dépend en grande partie de la productivité des animaux par francs investis en locaux, équipement et main d'œuvre. En conséquence, c'est par l'entassement que les industriels de l'élevage peuvent s'adjuger un meilleur profit. La productivité par animal doit sans cesse augmenter : il y a cent ans une vache donnait en moyenne 650 litres de lait par an, maintenant, elle en donne dix fois plus ; les truies sont forcées génétiquement pour donner naissance à 15, voire 20 porcelets, les os des pattes des poulets de " chair " se fracturent sous leur poids (le poids moyen des poulets a doublé en 25 ans), les poules pondeuses sont " usées " en moins d'un an, etc..

Lorsqu'il devient trop important pour permettre un bénéfice, le taux de mortalité peut, seul, inverser cette situation… Même la mortalité précoce des poulets, par exemple, devient source de bénéfices puisqu'on sait que l'industrie recycle les os (aliments pour chiens, chats,… et bébés !), les plumes (médicaments, shampoings) et même les excréments qui peuvent être incorporés dans l'alimentation du bétail et des volailles.

- " Je ne mange pas d'animaux d'élevage en batterie ou n'ayant pas été tués " humainement " "

Alors vous êtes… végétarien ! En effet, plus de 90% des animaux dits de consommation proviennent d'élevages industriels. " Tuer " et " humainement " sont des mots incompatibles. Savez-vous que dans les abattoirs, même les employés connaissent des conditions de travail particulièrement pénibles et un taux d'accidents très élevé (membres broyés dans " l'éplucheuse " ou le " cutter ", brûlures dues aux fuites d'azote, etc.). Salaires de misère, journées longues et dures, épuisement physique (bruit des machines, cris des animaux, puanteur du sang et des carcasses), épuisement psychique (voir autant d'atrocité), avec pour conséquence l'alcoolisme.

- " J'en fais assez pour la défense des animaux sans avoir à devenir végétarien "

Le nombre d'animaux à sang chaud maltraités et abattus pour la consommation est environ 30 fois celui tués pour l'industrie de la chasse et celle de la fourrure, 500 fois celui des animaux tués dans les abattoirs de la vivisection, 500 fois celui des animaux de compagnie tués dans les fourrières. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que la vivisection travaille pour / avec l'élevage, dans le domaine de la génétique, par exemple, et qu'un végétarien n'est jamais chasseur, porte rarement de la fourrure et ne s'affiche pas aux corridas.

- " Des êtres meurent chaque seconde sur la planète, alors pourquoi se préoccuper de la mort des animaux ? "

La vie est effectivement étroitement liée à la mort, elle n'est qu'un court passage. Seulement, il y a une différence entre être directement responsable d'une mort inutile et le fait que toutes vies se finissent un jour. A ce moment pourquoi ne tuer que les animaux et pourquoi vous-même continuez-vous à exister ? Pourquoi refuser aux animaux ce que vous vous attribuez à vous-même ?

- " Les plantes aussi sont vivantes, vous y pensez aux plantes ? Elles souffrent elles aussi ! "

C'est vrai que les plantes sont vivantes et c'est pourquoi toute personne sensible à la " souffrance " des plantes se doit d'être végétalienne : elle ne consommerait qu'une quantité de végétaux infime si on la compare à celle qu'exige la production de viande, de lait et d'œuf.

Certains disent que les plantes souffrent car elles réagissent lorsqu'on les coupe, elles émettraient des ondes (non vérifié) et réagissent aux conditions de leur environnement, alors d'après eux, cela serait pareil de tuer une plante ou un animal : il est reconnu par les chercheurs scientifiques que la souffrance n'existe que grâce à un système nerveux pour transmettre les informations et un cerveau pour les analyser. Il semble logique de dire que sans cerveau la conscience et la souffrance n'existent pas, d'ailleurs cette version est reconnue par l'ensemble des médecins car ils considèrent qu'un humain est mort lorsque son cerveau ne montre plus d'activité, même si son corps est maintenu artificiellement en fonctionnement. Ils prélèvent, même, des organes sur ces humains pour des transplantations. On prend aussi soin d'essayer d'assommer les animaux avant de les tuer pour leur éviter des souffrances.

Dire que les plantes souffrent revient à affirmer la possibilité d'une conscience sans cerveau. Les humains qui avancent cela n'imaginent pas ce que cela remet en cause, d'autant plus qu'ils affirment cela par le seul fait que les plantes réagissent à leur environnement (les expériences d'émissions de signal par les plantes n'ont pas été vérifiées). Dans le même style on pourrait dire qu'une bilame (tige de métal constituée de deux plaques d'alliages différents) souffre puisque lorsqu'on la chauffe, elle se tord de " douleur ", on pourrait aussi dire qu'un robot, conçu pour réagir aux conditions de son milieu, souffre. On peut dire que les plantes sont vivantes mais pas du métal ou un robot : le problème n'est pas uniquement le fait d'être vivant, mais le fait de pouvoir ressentir quelque chose. Un atome est-il vivant ? Nous vous laissons réfléchir à la notion de vivant…

Certains diront qu'ils savent par intuition que les plantes sont conscientes : c'est toujours facile de l'affirmer, en s'expliquant juste par " l'intuition ". On peut dire ce qu'on veut, l'intuition c'est d'ailleurs ceci : dire ce qui nous arrange, sans rien justifier. Alors que nous, il faut qu'on justifie tout… Même en supposant que les plantes soient conscientes, cela serait encore un argument de plus pour être végétalien, vu ce que la consommation de viande détruit comme plantes, par un gaspillage catastrophique : lorsqu'on est végétarien ou végétalien, on détruit beaucoup moins de végétaux. On peut aussi dire que le problème ne se pose que pour les légumes et les graines germées car les céréales, légumineuses, oléagineux sont ramassés une fois séchés, et les fruits ne demandent pas de tuer les arbres. Pour le papier, on peut utiliser du papier recyclé.

Mais d'ailleurs, que faites-vous pour améliorer le sort des plantes ? Car, enfin, il est toujours amusant de voir sortir des arguments de ce type de la bouche de personnes qui ne sont mêmes pas capables de commencer à éviter les souffrances les plus flagrantes des animaux, en devenant végétariens ou végétaliens. Ont-ils seulement tué de leur main un animal en le regardant dans les yeux et coupé une fleur en la regardant ? Ont-ils seulement visité un abattoir et une serre à légumes avant de dire que tuer un animal est pareil que tuer une plante ? Et là, il n'y a pas besoin d'intuition pour voir que les animaux souffrent. Comment osent-ils comparer ces deux actes ? Comme osent-ils être d'aussi mauvaise foi ? Ils ne cherchent qu'à excuser leur attitude, ni plus, ni moins. Si déjà, une majorité d'humains étaient végétaliens, on pourrait réfléchir à ces questions. Etre végétalien n'est déjà pas si facile, justement, à cause de ces personnes qui nous reprochent de ne pas aller assez loin sans mettre en pratique ce qu'ils nous demandent d'appliquer. Alors que d'un autre coté, ce seront les mêmes qui nous traiterons d'extrémistes seulement car nous sommes végétaliens. Etre démagogique est très facile, pour notre part, nous nous contentons de demander aux autres de faire comme nous, pas plus.

- " Et les chaussures ? "

D'un point de vue écologique, l'industrie du cuir est très contestable. Bien que le cuir soit lui-même biodégradable, les procédés de tannage et de teinture des peaux entraînent des pollutions considérables. Par exemple, le cuir importé du Brésil est tout autant responsable de la déforestation que l'industrie de la viande. Représentant jusqu'à 25% du produit financier de l'abattage, le cuir peut devenir une incitation à l'abattage. En outre, l'industrie du cuir, largement installée dans les pays non-industrialisés fait appel à la main-d'œuvre enfantine. Nous essayons d'être conséquents, en évitant le cuir, produit tiré de l'empire Boucherie.

http://www.panx.net/web/avis/index.html