Appel de la 7° Coordination Nationale Etudiante d'Orléans (5-6 avril)

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Appel de la 7° Coordination Nationale Etudiante d'Orléans (5-6 avril)

 

Nous, étudiants mobilisés, en lutte depuis le début du second semestre de
l'année universitaire sommes réunis ces 5 et 6 avril à Orléans pour la VIIe
coordination nationale étudiante (CNE). Nous réaffirmons que la CNE, émanation
directe des Assemblées Générales qui réunissent des dizaines de milliers
d'étudiants en France, est la seule et unique instance légitime pour représenter
le mouvement étudiant dans son ensemble et qu'aucune direction syndicale ou
politique ne saurait se substituer à son rôle.

Quoiqu'en dise notre ministre, les Universités de France continuent à être
mobilisées. Compte tenu du mépris du gouvernement et de l'attentisme des
directions syndicales, nous appelons à radicaliser la grève et à l'étendre à
d'autres secteurs. De la Maternelle à l'Université, dans la santé, chez les
travailleurs, c'est une même logique qui est ici à l'oeuvre.
Nous appelons donc à la journée d'action interprofessionnelle du 7 avril, à la
manifestation nationale du 8 avril, ainsi qu'à la généralisation de blocages
économiques afin de construire un mouvement d'ensemble.
Nous rappelons la nécessité d'ouvrir des espaces de luttes indépendants des
directions syndicales et de décloisonner les identités socio-professionnelles
(qui sont autant de fausses divisions). Créons dès maintenant des structures,
type LKP, ouvertes à tous ceux qui veulent lutter contre la logique capitaliste
et barbare imposée par le gouvernement sarkozy et le patronat.
Alors que la colère monte partout dans la société, il est absolument
inadmissible que la prochaine journée d'action nationale ait été fixée le 1er
mai, soit 43 jours après la précédente. La CNE affirme haut et fort que la grève
générale constitue plus que jamais le moyen décisif pour vaincre le
gouvernement, le patronat, et satisfaire nos revendications ainsi que celles des
différents secteurs. Face à l'emprise des centrales syndicales, il faut
construire une intensification de la mobilisation interprofessionnelle.

Face au mépris affiché du gouvernement à notre égard, nous exigeons plus que jamais :
• le retour au cadrage national des diplômes (DUT, licence, master ...)
• l'abrogation sans condition de la loi Liberté Responsabilité des
Universités (LRU)
• le retrait pur et simple, sans moratoire aucun, des décrets qui en
découlent :
• de la réforme dite de la « masterisation de la formation des personnels
éducatifs »
• du financement des universités sur des critères de performance
• du statut des enseignants-chercheurs
• du contrat doctoral unique

Nous réclamons également l'abandon des différents plans d'application de la LRU
dont le Plan Campus et le Plan Réussite en Licence. Nous réaffirmons notre
attachement à un système éducatif totalement public, gratuit, laïc et accessible
à tous et refusons toute forme de sélection à l'université. La mission de
l'université ne doit pas être la marchandisation de connaissances, sous prétexte
d'une professionnalisation, mais bien la création et la transmission du savoir
en vue du développement de l'esprit critique dans une logique émancipatrice.
Nos revendications s'inscrivent dans un projet de société plus global et non
dans la politique budgétaire et comptable que nous subissons. Nous demandons
ainsi le retrait immédiat du projet de loi sur les prêts étudiants qui, avec
l'augmentation future des frais d'inscription va pousser à l'endettement une
grande partie des classes populaires et aggraver la sélection sociale. Nous
proposons la mise en place d'allocation de multiples financements pour le
système éducatif, notamment le maintien d'aides sociales, du planning familial
et l'arrêt du démantèlement des CROUS. Nous exigeons de véritables solutions
concrètes pour lutter contre la précarité grandissante des étudiants. Aussi,
nous réclamons l'augmentation en nombre et montant des bourses sur critères
sociaux et leur indexation sur le coût de la vie ainsi que la construction
massive de logements universitaires.

Dans l'ensemble nous rejetons comme nos camarades européens toute la politique
universitaire initiée depuis le processus de Bologne qui impose une même logique
de rentabilité et de mise en concurrence des universités sur l'Europe entière.
Nous appelons donc au contre-sommet de Louvain qui se tiendra les 28 et 29 avril
prochain. (liens vers vague européenne)

Face aux mouvements sociaux en cours, la seule réaction du pouvoir politique est
de s'enfermer dans une frénésie sécuritaire (vigiles, forces de l'ordre sur les
campus, arrestations massives, contrôles d'identités, fichages...). Nous
appelons au soutien de tous nos camarades victimes de la répression policière,
judiciaire et administrative, à l'abandon de toutes les poursuites engagées
ainsi qu'à la création de collectifs de soutien.
Parmi les plus touchés par ce système oppressif, se trouvent aussi en première ligne
les sans-papiers Nous soutenons leur lutte et exigeons la régularisation immédiate
et inconditionnelle de chacun d'entre eux.
Oppressif à l'intérieur, ce système est aussi agressif à l'extérieur, c'est
pourquoi nous nous opposons à la prise de position de l'Etat français dans le
commandement intégré de l'OTAN, organisme que nous rejetons et jugeons
illégitime dans ses actions.

La radicalisation du mouvement étudiant passera par des actions fortes comme
l'occupation des présidences universitaires, rectorats, le blocage total des
universités ou à défaut les jours de mobilisation nationale, la multiplication
des actions interprofessionnelles, le blocage économique, le blocage des villes
et toutes autres actions qui montreront notre détermination.
La coordination nationale appelle tous les étudiants à continuer la grève
jusqu'à satisfaction des revendications. Le calendrier de mobilisation nationale
est le suivant :

programme RPG (rectorat/péage/gare) les mercredi/jeudi/vendredi
7 avril, journée d'action interprofessionnelle et d'occupation nationale des
présidences
8 avril, manifestation nationale de « la maternelle à l'université » appelée par la
CNU
14 avril, blocage des villes

Par ailleurs, la CNE d'Orléans exige l'attribution à tous les étudiants, sans
examens, de la note nécessaire pour obtenir leur diplôme et s'inscrire dans la
formation de leur choix. La CNE appelle les AG locales et la CNU à se positionner
sur ce point précis.

La prochaine CNE se déroulera à Besançon les 18 et 19 avril.

Publié dans FAC OFF

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