Message des étudiants italiens aux étudiants francais en lutte

Publié le par V

Chers amis,

Ici à Naples, nous suivons avec un grand intérêt votre mobilisation, pour laquelle nous exprimons une solidarité maximale. Nous avons traduit vos communiqués, ainsi que les articles et les mails qui tournent sur les réseaux internationaux, puis nous avons tout mis sur notre site Indymedia Italie...
Nous cherchons de cette façon à faire entendre votre voix là où elle n'arriverait pas, nous essayons de faire comprendre à tous ceux qui se sont mobilisés dans notre pays qu'ils ne sont pas seuls !
En France, en Grèce, en Espagne, en Angleterre et autre part en Europe il y a des gens qui ne se résignent pas à l'indifférence, et luttent contre les intérêts  du capital, pour une éducation meilleure, pour que la culture soit accessible à tous, pour qu'elle soit une arme entre les mains des opprimés...

Dans un monde où seuls les capitaux sont globalisés, tandis que les êtres humains sont réduis à des marchandises, clandestins, fuyant la faim ou enfermés dans des centres de rétention, dans une Europe qui est désormais une forteresse militarisée, une réponse internationaliste et coordonnée est de plus en plus nécessaire.

Les politiques, qui en effet, sont en train de détruire l'école, l'université, tous les services publics sont des politiques de souffle international: elles passent outre toutes les particularités nationales pour former un grand pôle impérialiste qui puisse être compétitif dans le terrible marché mondial, même si cela signifie faire la guerre, réduire les salaires, dévaloriser la formation, répandre la précarité et l'insécurité. Elles veulent construire un système toujours plus classique, qui met en difficulté quantité de travailleurs obéissants et désespérés, hyper-productifs, exploités, prêts à faire n'importe quel travail, et une élite bien endoctrinée et fidèle aux logiques de profit et d'exploitation.

Il y a dix ans, les gouvernements européens commençaient formellement le Processus de Bologne, l'un des nombreux processus de privatisation et de précarisation que nous avons vu à l'œuvre ces 20 dernières années. L' Italie a été un grand laboratoire de toutes ces politiques.
Nous pouvons désormais dire que les conditions de vie des gens ont empiré. Les droits que nous avons arraché dans les années '60, '70 ont été brutalement effacés des gouvernements de droite et de centre-gauche, le pouvoir d'achat est diminué de moitié. Est désormais en marche une guerre entre les pauvres, contre les différences de tout type; qui ose lever la voix est frappé.

Après dix ans, dans les universités, les cours sont à la mesure des entreprises, les études sont de plus parcellées et mécaniques, tout élément de critique disparaît. Parmi les doctorants et les chercheurs, celui qui ne s'adapte pas aux logiques de partialité, est mis à la porte, alors que celui qui reste se voit contraint à participer aux recherche sur les OGM, aux projets militaires de l'OTAN, ou encore à collaborer avec l'armée Israélienne qui fait des massacres chez les Palestiniens et refuse la vie et la liberté à un peuple entier.

Mais les contradictions, qui augmentent de jour en jour, nous amènent à une réponse et une prise de position: et malgré des années d' anti-politique , d'idéologie, et de criminalisation des mouvements depuis septembre, nous avons réussi à être une centaine de milliers à occuper les écoles et les universités, à résister à ces politiques, à demander le retrait de ces mesures. Nous avons bloqué les cours, soutenu les grèves organisé des rencontres, nous sommes descendu dans la rue.

Nous n'avons pas gagné, c'est vrai, mais ce n'est que le début. Nous avons que nous étions un grand nombre à être insatisfaits, nous avons commencé à nous coordonner, nous avons compris que, face au pouvoir de l'État et du capital, nous devons nous organiser, sans déléguer à personne notre représentation, sans faire des accords au rabais sur notre vie.
Nous devons mettre à l'œuvre une large opposition sociale, agir avec les autres sujets frappés par la crise économique, répondre coup pour coup aux attaques patronales, ouvrir un cycle de conflit social dans les écoles, dans les universités, sur les lieux de travail.

Parce que nous ne pourrions pas vaincre les luttes d'aujourd'hui, et celles qui nous attendent si nous ne savions pas être unis, si nous ne travaillions pas avec patience et ténacité pour abolir l'état des choses.
_La seule lutte  qui se perd est celle pour laquelle on ne se bat pas.
_Construisons un réseau Européen contre le processus de Bologne.

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Tiré du forum du site de Rennes II en grève (article datant du 14 février 2009)
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